Cour de Cassation, 1ère Chambre Civile - 2 avril 2009 (Universal Music c/ Barbelivien, Montagné et autres)
Messieurs Barbelivien et Montagné sont respectivement auteur et compositeur de la chanson intitulée « On va s’aimer ».
Ils ont cédé les droits d’exploitation de cette œuvre, paroles et musique, au terme d’un contrat dont une des clauses autorisait le cessionnaire à « modifier et adapter la musique, à remplacer les paroles par d’autres différant des paroles originales ou à en faire une parodie ».
Après avoir constater la diffusion d’un film publicitaire illustré musicalement par la mélodie de ladite chanson dont les paroles avaient été modifiées et intitulée « On va fluncher », les auteurs ont estimé que cette illustration musicale portait atteinte à leurs droits moraux et notamment à leur droit au respect l'oeuvre originale.
Le droit au respect de l’œuvre est un des droits moraux inaliénables garantis par l’article L 121-1 du Code de la Propriété Intellectuelle.
La Cour de Cassation rappelle que cette disposition est d’ordre publique et qu’en conséquense elle « s’oppose à ce que l’auteur abandonne au cessionnaire, de façon préalable et générale, l’appréciation exclusive des utilisations, diffusions, retraits, adjonctions et changements auxquels il plairait à ce dernier de procéder ».
La Cour estime que la clause litigieuse emporte un tel abandon et qu’elle est en conséquence inopposable aux auteurs.
Dès lors, et dans la mesure où « l’adaptation litigieuse constitue une parodie des paroles de la chanson « On va s’aimer » sur la musique originale de l’oeuvre , elle dénature substantiellement celle-ci ».
Une telle adaptation à des fins publicitaires porte atteinte aux droits moraux des auteurs et est donc illicite.