Cour d'Appel de Paris, pôle 5, 8e ch., 1er octobre 2009, Philippon c/ SCP Angel Hazane
Le liquidateur judiciaire ne peut pas agir contre les associés en libération du solde non versé du capital lorsque la SA s'est, sans appel de fonds préalable, transformée en SARL avant l'expiration du délai quinquennal et que le capital social de la SARL a été réduit au montant des versements déjà effectués.
Dans cette espèce, une SA avait été constituée le 23 mai 1997. Une augmentation de capital est intervenue en 2001 puis, le 31 mai 2002, l'assemblée générale extraordinaire a décidé la transformation de la société en SARL et la réduction du capital à hauteur du montant déjà libéré.
La société a finalement été mise en liquidation judiciaire le 15 novembre 2004.
Le liquidateur a alors assigné les associés en libération du solde du capital initial non libéré, au prorata de leur participation.
Après avoir constaté qu'aucune irrégularité n'entachait la transformation en SARL et la réduction du capital, la Cour d'Appel a rejeté le demande du liquidateur.
Certes, la jurisprudence reconnaît au liquidateur, parce qu'il se substitue aux organes sociaux, le pouvoir de procéder à l'appel de fonds pour le versement du capital non libéré et non appelé. Mais cette solution ne vaut que si la société est encore créancière de ses associés, ce qui n'était pas le cas en l'espèce.
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Le liquidateur invoquait l'article L 225-3 du Code de Commerce selon lequel la libération du solde non libéré lors de la constitution doit intervenir dans un délai qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'immatriculation au RCS (et non de la constitution). Sur ce point, la Cour constate que la transformation de la SA en SARL et la réduction du capital sont intervenus avant l'expiration de ce délai de 5 ans.
La Cour précise par cet arrêt qu'aucun texte n'impose la libération totale du capital social avant la transformation d'une société anonyme en société à responsabilité limitée : alertés par l'évolution de l'activité sociale, les actionnaires ont su employer à temps les moyens légaux leur permettant d'éviter des versements à fonds perdus.